INTERVIEW : HIGH TONE, UNDERGROUND LEADER
Est-ce encore la peine de présenter High Tone ? Sa chimie fusionnelle, ses concerts incandescents, son rôle pivot en ligne de conduite « underground » d’une scène électro dub française en manque de repères… 10 années d’expérimentation, 10 projets, 5 albums, une éminente collection de salles et de festivals… en font un leader sans discussion. Après une tournée hivernale de promo d’un Underground Wobble (Jarring Effects, 2007) râblé et addictif, le crew lyonnais va se faire plaisir dans les festivals. L’occasion de faire un bilan avec Nico, vidéaste et membre à part entière du groupe.
Comme de nombreux groupes électro dub, vous soignez particulièrement l’interaction entre le son et l’image. High Tone ne fonctionnerait pas sans ses projections ?
C’est vrai que l’on a toujours essayé d’apporter un aspect visuel à nos compositions, habiller, construire des tableaux, évoquer des images… Toujours avec un coté « motion soundtrack ». L’idée est de faire un show global qui parle aux yeux et aux oreilles. Le son inspire des illustrations et, en même temps, on place des samples vidéos et vocaux qui enrichissent le live.
Quelle est la meilleure position pour écouter la musique de High Tone ? À la maison ou en salle ?
Difficile de répondre ! Si certains de nos titres se prêtent à une écoute en haute fidélité, d’autres prennent du volume en live. Nous travaillons la production comme le live. Mais, cela dépend vraiment des titres et de leurs ambiances. On essaye, je pense, de jouer sur ces deux écoutes.
Ces dernières années, vous avez multiplié lesprojets crossover : des rencontres rythmiques avec Wang Lei, Improvisators Dub ou Zenzile. Comment se déclenchent ces projets ?
Avec les groupes français comme Zenzile ou Kali, c’est avant tout une histoire de
rencontres. On se croise depuis des années sur la route, alors forcément cela crée des liens. Nous avons presque tous démarré à la même époque, c’est donc naturel de faire de la musique ensemble. La rencontre, ici, est en premier lieu, une rencontre humaine. Un espace libre à la collaboration s’ouvre avec l’objectif de prendre du plaisir, partager des vibrations avec tous les croisements que cette musique, à la fois instrumentale et vocale, permet. Évidemment, le dialogue permet de développer de nouvelles idées. La rencontre avec Wang Lei est différente. Nous sommes allés jouer en Chine et on a accroché sur sa musique. C’était plus compliqué parce qu’on ne parle pas le chinois et lui ne parle ni français ni anglais. Avec du recul, cela a été très enrichissant. On le savait mais on a pu expérimenter le fait que l’échange musical n’a pas de frontières, qu’il y a un langage rythmique universel.
Votre dernier album ( Underground Wobble sorti chez Jarring Effects en 2007) est plus organique, truffé d’influences asiatiques. Comment cette direction s’est-elle imposée ?
Nous sommes entrés en studio avec beaucoup de parties jouées et finalement, moins de programmations. On a conservé notre touche synthétique en y apportant plus d’apports instrumentaux issus des inspirations de chacun. On a travaillé sur ce fond avec des reliefs de pur hip-hop ou de drum n’ bass.
Pensez-vous que l’évolution des technologies a changé votre façon de composer ?
On ne s’impose pas de règles. On « jamme » en studio, on enregistre ces sessions sur nos machines et chacun rentre de son coté pour travailler les structures. C’est vrai que les morceaux se créent plus rapidement. Cela nous permet de dire « Ok, celui-là est bon, on le met de coté ». Chacun apporte sa musicalité donc cela multiplie les possibilités. Mais oui, c’est incontestable, l’évolution des technologies a changé notre façon de composer. Les nouvelles machines permettent une facilité dans le processus de création.
Quelle serait votre collaboration rêvée ? Un artiste, un groupe, un producteur ?
Cette question devrait être collective ! Chacun de nous cultive ses références et ses goûts particuliers, même si nous en partageons certains. On va dire, un guest
trompette de Miles Davis, un track produit par Lee Perry dans le Black Art Studio ou un featuring de Lemmy de Motörhead !
Propos recueillis par Thomas Routier
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