INTERVIEW SPORTO KANTES: ENTRETIEN AVEC BENJ' :
Ils se sont connus en 1998. Se sont perdus de vue en 2005. Se sont retrouvés en 2007. Ils se sont réchauffés mais ne se sont pas encore séparés… En tout cas, ce ne serait pas le meilleur moment : Nico et Benj viennent de sortir leur troisième album, 3 at last. Retour sur le parcours du duo et la création de cette dernière oeuvre très inspirée.
Comment est né ce troisième album ?
Je travaillais sur un projet de chansons qui s'appelait Sportès en parallèle du projet Sporto Kantes. On s'est rendu compte avec Nico qu'il y avait une unité de son, de production et de couleurs dans les deux. Du coup, on a décidé de réunir les meilleures chansons de l'un et de l'autre sur une même galette.
En quoi est-il différent des précédents ?
Il y a beaucoup plus de parties vocales. Je chante sur la plupart des titres que ce soit en français, en anglais ou en italien. Les précédents albums accordaient une plus grande part à l'instrumental et aux bidouillages électroniques, les samples de voix fonctionnaient plutôt comme des gimmicks.
De quelle manière travaillez- vous ?
Je réalise la plupart des morceaux. Puis, Nico me guide et m'aide à les structurer. Il en a co-signé certains, comme « Slits », sur lequel il a créé le riff un peu afro. On forme un binôme, nos points de vue sur l'art, la musique, la politique nourrissent constamment notre travail. Au début, c'était différent. On était penchés sur nos morceaux comme deux petits ouvriers. Et puis, il y a eu des divergences d'opinion... Pendant une période, on composait des titres chacun de son côté et on les réunissait sur l'album sans même se concerter.
Cette histoire de mésentente n'est donc pas un mythe...
Il ne devait pas y avoir de deuxième, ni de troisième album de Sporto Kantes. On s'est bien perdu de vue pendant deux ans…
Quels étaient les sujets qui fâchaient ?
J'étais très impliqué dans mon projet Sportès et je considérais Sporto Kantes comme un projet annexe alors que pour Nico, c'était beaucoup plus important. On n'était pas du tout sur la même longueur d'ondes : il avait mis en place des sets live qui, selon moi, ne tenaient pas la route... C'est un peu une histoire de famille avec ses rancoeurs, ses jalousies et ses conneries.
Quels artistes ont collaboré à cet album ?
Yelena Neva, avec qui on avait déjà bossé, a posé sa voix sur « Liquid ». Alexandre Kinn, lui, est arrivé par hasard. Il était venu faire des essais et j'ai trouvé une place pour son jeu de guitare qui collait parfaitement à la couleur du morceau. Il n'y a pas de règles, tout se construit au fur et à mesure des rencontres. Par exemple,« 12 of July » est une ritournelle qu'une petite jamaïcaine rencontrée à Londres a chanté sur mon téléphone portable. Parlez-nous du titre de cet album... 3 at last , cela signifie « le 3e album, enfin ! ». Ça peut vouloir dire aussi que l'on a accueilli une personne en plus alors qu'on est toujours qu’à deux. En le prononçant « Free at last », on peut le traduire comme « Libres, enfin ! ». C'est multi interprétable !
Dans quelle catégorie peut-on classer votre musique ?
Nous avons toujours eu une image iconoclaste. Une partie du public a d’abord cru que Sporto Kantes était un groupe avec un batteur, un bassiste, des trompettes... Cette image humaine nous a éloigné du côté électro pur et dur, en même temps, notre façon de travailler la musique a permis aux adeptes d'électro de s'y retrouver. Et puis, on vient tous les deux d'univers rock : Nico a été élevé aux Sex Pistols et moi à Presley. D'ailleurs, la première fois que j'ai écouté Elvis Presley, je devais ressembler à une midinette de 16 ans…
Pourquoi cultivez-vous l'art de l'anonymat ? Vous vous prenez pour Daft Punk ?
Au début, on n'avait pas envie de montrer nos têtes parce que notre musique était instrumentale. Pour ce troisième album qui réserve une plus grande place au chant, on a fait appel à une graphiste et illustratrice (ndlr, Marjo-Laine Sireix) qui a dessiné notre portrait en créant un univers proche de la bédé. Tu vois, on commence à se dévoiler...
Sous quelle forme vous produirez-vous sur scène ?
Sous forme humaine ! Pour le reste, c'est en cours de réflexion. Il se peut qu'on monte un groupe ou alors qu'on se présente à deux avec des projections. Mais on craint que ce soit un peu réducteur...
De nouveaux sujets de discordes en perspective...
Espérons que non ! Je pense qu'on est arrivé au bout de ces histoires maintenant.
Je travaillais sur un projet de chansons qui s'appelait Sportès en parallèle du projet Sporto Kantes. On s'est rendu compte avec Nico qu'il y avait une unité de son, de production et de couleurs dans les deux. Du coup, on a décidé de réunir les meilleures chansons de l'un et de l'autre sur une même galette.
En quoi est-il différent des précédents ?
Il y a beaucoup plus de parties vocales. Je chante sur la plupart des titres que ce soit en français, en anglais ou en italien. Les précédents albums accordaient une plus grande part à l'instrumental et aux bidouillages électroniques, les samples de voix fonctionnaient plutôt comme des gimmicks.
De quelle manière travaillez- vous ?
Je réalise la plupart des morceaux. Puis, Nico me guide et m'aide à les structurer. Il en a co-signé certains, comme « Slits », sur lequel il a créé le riff un peu afro. On forme un binôme, nos points de vue sur l'art, la musique, la politique nourrissent constamment notre travail. Au début, c'était différent. On était penchés sur nos morceaux comme deux petits ouvriers. Et puis, il y a eu des divergences d'opinion... Pendant une période, on composait des titres chacun de son côté et on les réunissait sur l'album sans même se concerter.
Cette histoire de mésentente n'est donc pas un mythe...
Il ne devait pas y avoir de deuxième, ni de troisième album de Sporto Kantes. On s'est bien perdu de vue pendant deux ans…
Quels étaient les sujets qui fâchaient ?
J'étais très impliqué dans mon projet Sportès et je considérais Sporto Kantes comme un projet annexe alors que pour Nico, c'était beaucoup plus important. On n'était pas du tout sur la même longueur d'ondes : il avait mis en place des sets live qui, selon moi, ne tenaient pas la route... C'est un peu une histoire de famille avec ses rancoeurs, ses jalousies et ses conneries.
Quels artistes ont collaboré à cet album ?
Yelena Neva, avec qui on avait déjà bossé, a posé sa voix sur « Liquid ». Alexandre Kinn, lui, est arrivé par hasard. Il était venu faire des essais et j'ai trouvé une place pour son jeu de guitare qui collait parfaitement à la couleur du morceau. Il n'y a pas de règles, tout se construit au fur et à mesure des rencontres. Par exemple,« 12 of July » est une ritournelle qu'une petite jamaïcaine rencontrée à Londres a chanté sur mon téléphone portable. Parlez-nous du titre de cet album... 3 at last , cela signifie « le 3e album, enfin ! ». Ça peut vouloir dire aussi que l'on a accueilli une personne en plus alors qu'on est toujours qu’à deux. En le prononçant « Free at last », on peut le traduire comme « Libres, enfin ! ». C'est multi interprétable !
Dans quelle catégorie peut-on classer votre musique ?
Nous avons toujours eu une image iconoclaste. Une partie du public a d’abord cru que Sporto Kantes était un groupe avec un batteur, un bassiste, des trompettes... Cette image humaine nous a éloigné du côté électro pur et dur, en même temps, notre façon de travailler la musique a permis aux adeptes d'électro de s'y retrouver. Et puis, on vient tous les deux d'univers rock : Nico a été élevé aux Sex Pistols et moi à Presley. D'ailleurs, la première fois que j'ai écouté Elvis Presley, je devais ressembler à une midinette de 16 ans…
Pourquoi cultivez-vous l'art de l'anonymat ? Vous vous prenez pour Daft Punk ?
Au début, on n'avait pas envie de montrer nos têtes parce que notre musique était instrumentale. Pour ce troisième album qui réserve une plus grande place au chant, on a fait appel à une graphiste et illustratrice (ndlr, Marjo-Laine Sireix) qui a dessiné notre portrait en créant un univers proche de la bédé. Tu vois, on commence à se dévoiler...
Sous quelle forme vous produirez-vous sur scène ?
Sous forme humaine ! Pour le reste, c'est en cours de réflexion. Il se peut qu'on monte un groupe ou alors qu'on se présente à deux avec des projections. Mais on craint que ce soit un peu réducteur...
De nouveaux sujets de discordes en perspective...
Espérons que non ! Je pense qu'on est arrivé au bout de ces histoires maintenant.
3 at last (Village Vert / Pias) est sorti le 21/04
Céline Debette
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