LA CERISAIE : AUTANT EN EMPORTE LE TEMPS
Au sommet de son art, à la fin de sa vie, Anton Tchekhov laissa un chef d’oeuvre, de l’ampleur de ceux qui séduisent Didier Carette. La Cerisaie est la création 2008 du groupe Ex-Abrupto, pour saluer le printemps par une pluie de pétales amers.
«Puis, le silence ; on n’entend plus que les coups de hache contre les troncs d’arbres, loin dans le jardin ». Ainsi Tchekhov termine-t-il sa dernière pièce en 1903, deux ans avant les premières révoltes contre le régime tsariste. Ce monde qui bascule c’est, en microcosme, celui de la propriété de Lioubov Andréevna Ranevskaïa. Cette femme ruinée, qui revient vers la demeure familiale à l’heure cruelle des comptes, qui vient se briser contre les vitres de la réalité… pourrait bien voir la Blanche du Tramway nommé désir en se regardant dans la glace. « Ce n’est pas tant le retour vers un auteur russe qui a motivé mon choix, que l’envie de prolonger le Tramway, avec le personnage de cette femme tenue par le destin et avec ce thème du rendez-vous inéluctable avec le présent », précise Didier Carette.
« Ce n’est pas un théâtre de l’action », d’où le défi. Pourtant, qu’on lise une ligne, qu’on écoute une réplique et le monde si particulier de Tchekhov se matérialise : la beauté, une menace diffuse et des personnages complexes, dont on sent que l’auteur les aime. « Bien sûr c’est un texte politique aussi. Tchekhov, sans imposer de jugement, nous parle ici du déracinement, qui est un thème qui m’est cher, de la perte des identités et de la marche forcée vers l’uniformisation d’une société ». La Cerisaie, comme un poème, une réflexion contre la « modernité » obligatoire.
« Ce n’est pas un théâtre de l’action », d’où le défi. Pourtant, qu’on lise une ligne, qu’on écoute une réplique et le monde si particulier de Tchekhov se matérialise : la beauté, une menace diffuse et des personnages complexes, dont on sent que l’auteur les aime. « Bien sûr c’est un texte politique aussi. Tchekhov, sans imposer de jugement, nous parle ici du déracinement, qui est un thème qui m’est cher, de la perte des identités et de la marche forcée vers l’uniformisation d’une société ». La Cerisaie, comme un poème, une réflexion contre la « modernité » obligatoire.
Valérie L
Laissez vos commentaires...




Visiteur


Connectez vous ici:
Pas encore membre ?
Inscrivez-vous
Perte de vos identifiants ?
Cliquez ici
Lille
Marseille
Montpellier
Toulouse


let'smotiv #95


Consultez le mag :




Consultez aussi dans la même catégorie:














