PULP TRAGEDY
C’est dans des fauteuils, oui tranquillement assis, que les comédiens du collectif néerlandais Dood Paard jouent Titus et s’amusent de la tragédie la plus sanglante, successivement la plus populaire et la plus décriée, de William Shakespeare, Titus Andronicus.
Titus, général victorieux et dégoûté de la guerre contre les Goths, revient à Rome où il refuse le pouvoir. Il initie le premier sacrifice qui entraînera une inextricable mécanique de la vengeance. Effroyable engrenage de meurtres, viol, mutilations, et même cannibalisme, la loi du talion, justice faussée, perpétue le mal jusqu’à l’apothéose et ne cesse que faute de victimes... « Le théâtre comme les rêves est sanguinaire et inhumain » a dit Antonin Artaud. Parfois. Et ce n’est pas un hasard si cette pièce, teintée fortement de violence animale et intellectuelle, avec, en fond, la dérision jusqu’à l’absurde, fut redécouverte au XXe siècle.
« Born to be alive », l’utilisation de ce tube de Patrick Hernandez par Dood Paard, vient souligner, avec une ironie macabre, le grotesque de cette avalanche de meurtres. Le tragique devient farce et la distance imposée par le décalage d’une mise en scène légère, permet de faire le lien avec des enjeux politiques et émotionnels qui nous touchent. Pourquoi monter cette pièce, qui depuis des siècles inspire autant de dégoût que de magnétisme ? Pour en mettre à jour les ressorts, en minimisant les rituels, pour apprivoiser une pièce sauvage. Un peu d’irrespect pour servir un texte fascinant.
« Born to be alive », l’utilisation de ce tube de Patrick Hernandez par Dood Paard, vient souligner, avec une ironie macabre, le grotesque de cette avalanche de meurtres. Le tragique devient farce et la distance imposée par le décalage d’une mise en scène légère, permet de faire le lien avec des enjeux politiques et émotionnels qui nous touchent. Pourquoi monter cette pièce, qui depuis des siècles inspire autant de dégoût que de magnétisme ? Pour en mettre à jour les ressorts, en minimisant les rituels, pour apprivoiser une pièce sauvage. Un peu d’irrespect pour servir un texte fascinant.
Valérie L.
Laissez vos commentaires...




Visiteur


Connectez vous ici:
Pas encore membre ?
Inscrivez-vous
Perte de vos identifiants ?
Cliquez ici
Lille
Marseille
Montpellier
Toulouse


let'smotiv #95


Consultez le mag :




Consultez aussi dans la même catégorie:














